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Le blog de lapalettedecouleurs.over-blog.com

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Des milliers de vidéos pour vous aider à comprendre le dessin et la peinture (aquarelle, huile, acrylique), mais aussi l'écologie des cours d'eau, la lecture en écoutant de la musique relaxante

Publié le par laurent
Publié dans : #oeuvre expliquée, #peintres
 
 
 
 Après la période de ses débuts (1859-1871), Cézanne de 1872 à 1876 traverse la période impressionniste, qui le conduira à une période constructive (1878-1890) et enfin à une période synthétique jusqu'en 1906.    
        Le Garçon au Gilet Rouge. (vers 1889).
 
 
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Dans ce tableau, plusieurs éléments semblent s'extirper de la composition de l'oeuvre:
- Les bras du jeune garçon semblent disproportionnés. La longueur du bras droit, qui occupe un vaste espace dans la toile, est nettement plus grande que celle de l'avant-bras, si l'on se référe aux caractéristiques anatomiques d'un être humain (les 2 parties sont sensiblement égales). Le bras gauche paraît dissocié de son avant-bras, au niveau du coude.Cézanne ne s'attache qu'à la composition et à l'équilibre des formes et des couleurs, seule la vision et le résultat final l'intéressent. 
- L'oreille droite  est immensemment démesurée, à l'image d'un pavillon qui capterait tous les sons, malgré l'air absent du personnage. De nombreux critiques ont noté le caractère de masques des portraits de Cézanne. Ici le jeune homme semble avoir été réduit à une nature morte. Il ne communique pas avec l'observateur, la figure n'a que peu d'expression ,et les attitudes sont volontairement rigides. C'est comme si le peintre n'avait pas accès au monde intérieur du personnage, mais pouvait simplement le voir de l'extérieur. Dans ses autoportraits Cézanne fait preuve d'un extrême détachement, immobilisé et distant dans sa comtemplation. L'exemple des "joueurs de cartes" résume assez bien le détachement des acteurs et le repli méditatif, lorsque l'on connait le tempérament excessif et fougueux des méditerranéens, qui ne s'exprime pas autour de la table de jeu.
 - La couleur rouge: Les tâches rouges apparaissent chez Cézanne dès 1866 sous la forme d'un étrange objet dans une nature morte à laquelle on donne habituellement le titre : Crâne et bougie . Certes, nous voyons un crâne et une bougie largement consumée (thème habituel des Vanités), et aussi un livre. Mais il y a, en plus, trois ou quatre masses (rouges) dont le statut est incertain : un coquillage, un fruit (pomme ou oignon), et aussi encore un ou deux trucs rouges, aussi inqualifiables que le sourire rouge du grand coquillage de la Pendule noire. Avant, il y avait eu ce corps masculin flambant rouge dans l'Enlèvement (1867) et, la même année, les joues rose vif de la femme nue, lascive, du Punch au rhum, qui se reflète dans l'étrange bonnet rouge de l'homme à la pipe, et (déjà) les pommes de la première Moderne Olympia.
Il arrive que le rouge soit concentré en certains lieux inattendus, une sorte d'appel sonore parfois explicite (Apothéose de la femme, 1875), parfois implicite comme ici, ou le guéridon de la deuxième version de la Moderne Olympia, 1873, ou encore l'espèce de tablier fessier de la servante noire de L'après-midi à Naples (1876)) et enfin dans la nature morte Pommes et oranges de 1895 (l'année où Cézanne aurait déclaré : "Il n'y a que moi qui aie du tempérament, il n'y a que moi qui sache faire un rouge!" (Doran, Conversations avec Cézanne p183)), le rouge est partout. Sur le mur, dans les pommes, sur les nappes. C'est là d'ailleurs qu'il aboutit, sur les pommes, là qu'il trouve sa destination finale, près du Cupidon, sur un buffet ou une armoire.
Sans doute la couleur rouge a-t-elle une vocation pour l'hétérogène.  
 
Les pensées de Paul Cézanne à méditer.
 
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